dimanche 19 juillet 2009

Yolanda Correa : le cygne noir


La lumière et une autre facette...

6 commentaires:

laurence a dit…

Baltha,je suis désolée je n'ai pas pu résisté...j'aime beaucoup cette danseuse...Ce n-est pas la guerre des 2 roses n'est ce pas?

Appels d'air a dit…

Pour Yolanda, toujours pas, toujours pas. Je ne troquerais pas mon cheval pour Yolanda. Mais ce n'est pas la guerre, non.Pour preuve :
Je vous livre une confidence, là où je perçois du classicisme, de la tradition, il m'arrive souvent de l'associer à de l'autorité, pas ce qui fait autorité, pas ce qui emporte l'adhésion, non, l'autorité au sens de tyrannie, d'arbitraire. Donc, chaque fois que je crois être confronté à cela, je bats en retraite. Je ne connais que de très rares exceptions qui me paraîssent s'en être affranchies. Je trouve que beaucoup de "grands" doivent trop à ceux qui les ont précédés et formés. Mais je sais que mon attitude est, elle-même, déformée par les traces que l'autorité a laissées sur moi. Je vais jusqu'à percevoir, encore maintenant, l'autorité comme un inceste.

Pour cette modèle de portrait que vous présentiez, tout juste avant : très belle, très belle.

laurence a dit…

Je crois que l'on nait quelque part...et la danse est encore, le lieu de l'autorité des maitres, et c'est pour cela qu'elle est intéressante: voir comment s'autonomise, se fait sien le mouvement... Tenez Sylvie Guillem...
Autorité vous avez la possibilité de vous rebellez pas dans l'inceste...
Quant à l'Ecole Cubaine qui est vraiment une grande école... comparée à l'école Russe,une autre grande école..., que je connais un peu il me semble que la différence se fait au niveau de la vision du danseur: dans l'une le regard du danseur est intérieur: la cubaine...et la priorité est donnée à la proprioception sensation de son corps dans l'espace. Dans l'autre :la russe:la porte d'entrée prioritaire est la vision qui donne la gratification à la fois de se voir bien placé mais aussi la gratification du spectateur ou du professeur.
Une danseuse comme Sylvie Guillem a su trouver le juste équilibre de travail entre ces deux portes... d'entrées...en fait entre toutes les portes d'entrées...du mouvement équilibré...

Appels d'air a dit…

Nous ne guerroyons toujours pas, n'est-ce pas? De tout ce que vous me donnez à percevoir, je m'interroge sur deux choses; de l'une, j'aime que quelque chose soit perceptible au néophyte, au béotien quand bien même cela lui est impossible à formuler, de l'autre, dans une relation de maître à élève, je la tiens pour bien située lorsque le maître fait découvrir et développer ce qu'il y a de meilleur, d'unique et de neuf dans l'élève et l'affranchit du fardeau du passage par la soumission aux exercices, et que, cela également, le spectateur, consciemment ou non, le perçoive.
Là où et chaque fois qu'il n'y a pas de rebelles, je sens anguille sous roche. Je vous ai affranchi, je fus un traumatisé de l'autoritarisme. Je m'en défends toujours maintenant en demeurant encore sur la défensive.
Ceci étant, je ne perçois aucune menace de votre part. Dans la Danse je sais des gens affranchis de tout fatras, vous-même m' avez fait découvrir des danseurs et des danseuses tels et telles.
Vous savez, dans l'autorité il arrive que l'on ne puisse se rebeller, le faire peut exiger un courage énorme, peut être fatal, peut vous réduire à ne plus compter que sur vous-même, parfois contre tous. On ne sort pas indemne de tels périples. Pas toujours, combien de maîtres, combien d'écoles ont commis des crimes irréparables? On touche là à des régistres où sont parfois en conflit la domination ,la composition, la sortie vers le haut,l'abandon, autant de choses contradictoires. Cocteau demandait à ceux qui voulaient sa reconnaissance : étonnez-moi. Je trouve l'étonnement très sécurisant.
Je suis là, ici, chez vous pour cela.

laurence a dit…

"Mais enfin Laurence qu'en penses tu?"

kreul a dit…

Je ne vous suis pas... justement Yolanda nous livre un cygne noir très personnel... ayez la curiosité de le voir dansé par A. Alonso : si la Valdès "reproduit" l'icône cubaine, Yolanda s'en détache complètement.
Avez vous osé sa Kitri ? elle est ancrée dans le monde d'aujourd'hui, là encore loin des clichés imposées par les danseuses du Bolchoï ou de Cuba.
Yolanda est en passe d'arriver à imposer au public cubain son art de la danse, sa personnalité... alors que ce public, par ailleurs extraordinaire et également impitoyable avec des danseuses qui ne répondent aux canons attendus, inculqués devrai-je dire ?
D'où mon admiration pour Yolanda, loin du cliché suranné des ballerines...
Je peux vous dire qu'elle n'était pas attendue en Odile.. elle a surpris le théâtre Garcia Lorca de la Havane. Bluffé.
Fidèle à sa personne. Quelqu'en soit le prix.
Quant au choix de cet extrait... non, Javier n'est pas à la hauteur, une fois de plus. Et, une fois de plus, Yolanda a combattu l'"autorité", pour son art, pour exprimer son ressenti, sa vie : elle ne danse désormais plus avec Javier.
Une grande Dame. D'une simplicité, d'une humanité incommensurable.
Ensuite on peut théoriser. ça ne m'intéresse pas.