mercredi 31 décembre 2008
mardi 30 décembre 2008
lundi 29 décembre 2008
dimanche 28 décembre 2008
Il rayonne d'un soi
samedi 27 décembre 2008
jeudi 25 décembre 2008
dimanche 21 décembre 2008
samedi 20 décembre 2008
vendredi 19 décembre 2008
jeudi 18 décembre 2008
mardi 16 décembre 2008
lundi 15 décembre 2008
samedi 13 décembre 2008
vendredi 12 décembre 2008
AM
Je crois que j'y suis monté petite fille, un jour quelque part vers Diepppe: les vagues violentes et la confiance absolue dans le gout salé de la mer. Croire que c'était la première sortie ,
Croire que le bateau quittant le port après la dernière bite repoussée, rien ne pourrait le détourner de cette route presque tracée par le plan de la vague. Suivre la falaise comme un ligne inconnue blanche à perte vue avec ses grandes cicatrices, son poids presque difforme qui lui faisait perdre l'équilibre, se rattraper puis se reperdre à nouveau dans la vision rétinienne et mouvante du monde marin. Croire que la lumière en transcendance couvrirait tout même les mains jointes au désir de dire le bruit des mouettes et la syncope de la coque.
Croire que c'était le bonheur des grands navigateurs...
Croire que le bateau quittant le port après la dernière bite repoussée, rien ne pourrait le détourner de cette route presque tracée par le plan de la vague. Suivre la falaise comme un ligne inconnue blanche à perte vue avec ses grandes cicatrices, son poids presque difforme qui lui faisait perdre l'équilibre, se rattraper puis se reperdre à nouveau dans la vision rétinienne et mouvante du monde marin. Croire que la lumière en transcendance couvrirait tout même les mains jointes au désir de dire le bruit des mouettes et la syncope de la coque.
Croire que c'était le bonheur des grands navigateurs...
mercredi 10 décembre 2008
mardi 9 décembre 2008
lundi 8 décembre 2008
Le Clézio nov 2008
mantegna_st_sebastien_vienne.jpg
(...) Agir, c’est ce que l'écrivain voudrait par-dessus tout. Agir, plutôt que témoigner. Écrire, imaginer, rêver, pour que ses mots, ses inventions et ses rêves interviennent dans la réalité, changent les esprits et les cœurs, ouvrent un monde meilleur. Et cependant, à cet instant même, une voix lui souffle que cela ne se pourra pas, que les mots sont des mots que le vent de la société emporte, que les rêves ne sont que des chimères. De quel droit se vouloir meilleur ? Est-ce vraiment à l'écrivain de chercher des issues ? N’est-il pas dans la position du garde champêtre dans la pièce du Knock ou Le Triomphe de la médecine, qui voudrait empêcher un tremblement de terre ? Comment l'écrivain pourrait-il agir, alors qu’il ne sait que se souvenir ?
La solitude sera son lot. Elle l’a toujours été. Enfant, il était cet être fragile, inquiet, réceptif excessivement, cette fille que décrit Colette, qui ne peut que regarder ses parents se déchirer, ses grands yeux noirs agrandis par une sorte d'atttention douloureuse. La solitude est aimante aux écrivains, c’est dans sa compagnie qu’ils trouvent l’essence du bonheur. C’est un bonheur contradictoire, mélange de douleur et de délectation, un triomphe dérisoire, un mal sourd et omniprésent, à la manière d’une petite musique obsédante. L'écrivain est l’être qui cultive le mieux cette plante vénéneuse et nécessaire , qui ne croît que sur le sol de sa propre incapacité. Il voulait parler pour tous, pour tous les temps : le voilà, la voici dans sa chambre, devant le miroir trop blanc de la page vide, sous l’abat-jour qui distille une lumière secrète. Devant l’écran trop vif de son ordinateur, à écouter le bruit de ses doigts qui clic-claquent sur les touches. C’est cela, sa forêt. L'écrivain en connaît trop bien chaque sente. Si parfois quelque chose s’en échappe, comme un oiseau levé par un chien à l’aube, c’est sous son regard éberlué – c’était au hasard, c’était malgré lui, malgré elle. (...)
(...) Agir, c’est ce que l'écrivain voudrait par-dessus tout. Agir, plutôt que témoigner. Écrire, imaginer, rêver, pour que ses mots, ses inventions et ses rêves interviennent dans la réalité, changent les esprits et les cœurs, ouvrent un monde meilleur. Et cependant, à cet instant même, une voix lui souffle que cela ne se pourra pas, que les mots sont des mots que le vent de la société emporte, que les rêves ne sont que des chimères. De quel droit se vouloir meilleur ? Est-ce vraiment à l'écrivain de chercher des issues ? N’est-il pas dans la position du garde champêtre dans la pièce du Knock ou Le Triomphe de la médecine, qui voudrait empêcher un tremblement de terre ? Comment l'écrivain pourrait-il agir, alors qu’il ne sait que se souvenir ?
La solitude sera son lot. Elle l’a toujours été. Enfant, il était cet être fragile, inquiet, réceptif excessivement, cette fille que décrit Colette, qui ne peut que regarder ses parents se déchirer, ses grands yeux noirs agrandis par une sorte d'atttention douloureuse. La solitude est aimante aux écrivains, c’est dans sa compagnie qu’ils trouvent l’essence du bonheur. C’est un bonheur contradictoire, mélange de douleur et de délectation, un triomphe dérisoire, un mal sourd et omniprésent, à la manière d’une petite musique obsédante. L'écrivain est l’être qui cultive le mieux cette plante vénéneuse et nécessaire , qui ne croît que sur le sol de sa propre incapacité. Il voulait parler pour tous, pour tous les temps : le voilà, la voici dans sa chambre, devant le miroir trop blanc de la page vide, sous l’abat-jour qui distille une lumière secrète. Devant l’écran trop vif de son ordinateur, à écouter le bruit de ses doigts qui clic-claquent sur les touches. C’est cela, sa forêt. L'écrivain en connaît trop bien chaque sente. Si parfois quelque chose s’en échappe, comme un oiseau levé par un chien à l’aube, c’est sous son regard éberlué – c’était au hasard, c’était malgré lui, malgré elle. (...)
samedi 6 décembre 2008
vendredi 5 décembre 2008
jeudi 4 décembre 2008
mercredi 3 décembre 2008
mardi 2 décembre 2008
lundi 1 décembre 2008
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